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Sychriscar, parcours et évolution

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Sychriscar, parcours et évolution

Message par Sychriscar le Ven 14 Juil 2017 - 20:18

Bonjour à toutes et à tous !

Vue la situation, j'avais rédigé cette présentation sous forme d'à propos, mais je vous la mets directement ici, pour vous éclairer sur mon évolution clin

Pourquoi avoir créé un forum ?
En 2007, j’étais une membre assidue de nombreuses communautés aquariophiles et animaux au sens large et je trouvais qu’il n’y avait pas d’espace de discussions adapté aux novices. J’ai donc créé (en juin 2007) un forum aquariophile que je voulais plus abordable, plus patient et davantage respectueux des animaux. Je voulais proposer une plate-forme qui prendrait le temps d’expliquer, avec détails et sources informatives le pourquoi du comment. Pour moi, cela faisait partie d’une « mission » pour protéger/sauver les animaux.

En 2008, j’écrivais sur ce forum :
@Sychriscar a écrit:« Il faut le dire, c’est énervant les personnes bornées qui ne comprennent pas ce qu’on leur explique ("mais non, mon scalaire mesure 5cm et il est heureux dans son 50 litres") or ces personnes là sont très nombreuses et les aider, c’est sauver énormément de poissons. Je parle d’aider ceux qui aimeraient bien faire mais qui ne comprennent pas, qui n’y croient pas. Difficile dans la société d’aujourd’hui avec les mentalités de faire comprendre à quelqu’un que le poisson rouge, si on lui laisse sa chance, vivra une bonne vingtaine d’années et mesurera au moins 30cm…»

Je souhaitais faire profiter de mon expérience pour aider les poissons. Et DEJA à l’époque, mon avis était considéré comme bien particulier. Que ce soit au niveau du respect de l’animal ou des volumes minimaux que je conseillais, c’était en général bien plus haut que sur les autres forums ou sites. Car pour moi, débuter en aquariophilie impliquait une marge pour éviter les déboires classiques.

Et finalement, je me suis heurtée à un mur. Oui certaines personnes évoluaient, oui des aquariums étaient améliorés et parfois des poissons voyaient leur environnement devenir un peu « mieux ». Mais pour combien d’animaux quand même maltraités, tués et en souffrance ?

Le mur, c’était ces questions qui restaient sans réponse. Comment faire pour que ça change ? Qui est responsable du problème ? Les animaleries (le commercial) et les médias qui diffusent des informations à côté de la plaque et font perdurer les idées reçues ? Ou les gens, qui ne prennent pas le temps de s’informer et choisissent et achètent les animaux selon leur envie du moment ?

Le problème, c’était déjà cette formulation. En orientant la réflexion de cette manière, on sous-entend quelque chose d’une importance capitale : que si la « bonne information » passait et était diffusée (soit par les animaleries/médias, soit par les gens qui s’informeraient judicieusement), alors cela serait mieux. Autrement dit, sous couvert de « bons traitements », placer des poissons en aquarium ne poserait aucun problème.

En 2014, j’ai croisé un mot que je ne connaissais pas, spécisme. Qu’est-ce que c’est ? Wiktionnaire nous dit que le spécisme est une « Discrimination basée sur l’espèce, qui fait de l'espèce en soi un critère pour déterminer la manière dont un être peut être traité.» Partant de là, on se rend compte assez rapidement que la définition et la considération des espèces est faite par une seule, l’humanité. C’est un fait, les espèces sont toutes différentes, il semble donc tout à fait logique de ne pas se comporter de la même manière selon l’espèce.

Mais parlons maintenant d’un autre mot que j’ai découvert en parallèle, le mot sentience. Selon Wikipédia, « la sentience désigne la capacité d'éprouver des choses subjectivement, d'avoir des expériences vécues. […] Un être sentient ressent la douleur, le plaisir, et diverses émotions ; ce qui lui arrive lui importe. Ce fait lui confère une perspective sur sa propre vie, des intérêts (à éviter la souffrance, à vivre une vie satisfaisante, etc.), [...] »

La sentience est aujourd’hui prouvée chez bon nombre d’espèces animales, l’humanité y compris. D’ailleurs cette dernière a toujours douté de la sentience de ce qui n’était pas un homme blanc, la sentience des personnes non blanches, des femmes, des bébés et des individus des autres espèces animales a été un jour, ou est actuellement, niée. Pourtant, cette sentience est prouvée. Les êtres sentients (incluant les poissons, les chats, les chiens, les humains, les crevettes, les escargots, les chevaux, les poules, les vaches, etc.), comme dit précédemment, éprouvent des expériences de façon subjective et donc réagissent à leur environnement. Ils peuvent ressentir des émotions telles que la peur, l’angoisse ou le contentement. Les émotions constituent des traits évolutifs qui servent à motiver un individu à éviter par exemple la douleur, à chercher le réconfort, à créer des liens sociaux avec d’autres individus ou à se protéger des dangers.

Les espèces sentientes se différencient des espèces non sentientes (champignons, bactéries, plantes, minéraux, etc. pour en savoir plus : http://fr.abolitionistapproach.com/2011/03/15/rien-a-voir-avec-de-la-science/). Un individu sentient possède une volonté, une personnalité et des intérêts qui lui sont propres.

En bref, la sentience est ce qui définit les individus. C’est la différence entre être quelqu’un ou quelque chose. Cela signifie qu’il y a quelqu’un dans un corps qui vit les choses. Les individus sentients terrestres ou aquatiques ne sont pas des entités errant sans but dans la nature mais des êtres conscients ayant une vie organisée, complexe et qui compte pour eux.

Mais il y a injustice, une décision arbitraire et unilatérale. L’individu non-humain est automatiquement classé comme objet par l’humanité, il est automatiquement considéré comme une propriété pour l'humain. Les intérêts des humains ne sont pourtant pas plus importants que ceux des non-humains, rien ne justifie de créer une hiérarchie entre les intérêts. Mais parce qu’ils ne sont pas de l’espèce humaine, les intérêts des autres animaux sont niés ou minimisés. Cette situation est un système, une oppression systémique.

Et c’est là qu’est le problème, c’est de là que découle tout ce qu’on ressasse et déplore. Le problème ce n’est pas que les animaleries ne donnent pas les bonnes infos, le problème ce n’est pas que les médias montrent des poissons en bocaux. Ce qui est nécessaire et urgent ce n’est pas d’informer les gens à mieux traiter les poissons en leur conseillant un 200 litres plutôt qu’un 50 litres.

Le problème c’est de considérer normal de s’approprier une vie. Le problème c’est de considérer comme acquis, immuable et normal la considération actuelle que nous avons des animaux et le traitement que cela implique.

Le sort des animaux varie selon leur espèce mais on constate qu'ils dépendent toujours de ce que veulent en faire les humains, de leur valeur commerciale. Ils n'ont aucune existence propre et n'existent que pour les humains et selon leur valeur marchande. Pourtant, même si on met toute notre énergie à le nier, ils sont sentients, ils possèdent une existence et des intérêts propres et ressentent des émotions.

Comment est-ce possible de traiter de la sorte des être sentients ? Par la transformation d’une situation en oppression systémique. Toujours selon Wikipédia, l’oppression systémique ou « discrimination systémique, c'est d’abord la discrimination produite par le système (sous-entendu social), c'est-à-dire l'ensemble des discriminations qui relèvent de mécanismes systémiques de fonctionnement de la société. Ces discriminations sont produites par une majorité qui impose son pouvoir et ses privilèges sur les autres groupes grâce à des moyens politiques, économiques et institutionnels. C'est aussi l'oppression structurelle de ces autres groupes au travers des normes culturelles et de leur représentation dans les médias, qui tendent à les dénigrer [...] »

Autrement dit, une oppression systémique est un ensemble d’arrangements légaux, sociaux et politiques qui permet de maintenir un groupe d’individus sous la domination d’un autre groupe au profit des intérêts de ce dernier. Il y a domination, asservissement. On pourrait aussi souligner l’objectivation des individus dominés, leurs vies et préférences sont occultées.

Dans le cas des animaux la loi est claire : un animal non humain est considéré comme une propriété, comme un bien, comme un meuble. Et donc toutes les lois qui visent ou viseraient à protéger les animaux sont et seront inutiles tant que leur statut ne change pas. Car si un individu peut être la propriété d'un autre individu, alors ce seront toujours les intérêts du propriétaire qui l'emporteront.

Le statut de propriété est le pilier central de l'oppression des animaux. Mais ce n'est cependant pas l'unique chose à changer car même si un jour une loi abolie leur statut actuel, cela ne fera pas disparaître automatiquement l'oppression si le système exploitant ne bouge pas.

Mais alors que faire ? La première chose incontournable est de s’informer et d’accepter de remettre en question tout ce que l’on a pu croire normal, acquis ou « naturel ». Si on souhaite agir pour les animaux, il faut se positionner clairement et immédiatement, par justice, contre leur oppression et les exploitations des individus qui en découlent, en n’y participant plus en devenant vegan.

Comment faire ?
Devenir vegan est une base morale importante, une première étape. Le véganisme c’est refuser l’exploitation animale en ne consommant plus ce qui en découle. Il ne s’agit pas d’une mode ou d’un style de vie, ce n’est pas non plus une question de choix personnel puisqu’il implique d’autres vies ; c’est un engagement et une lutte sociale revendiquant l’abolition de toute forme d’exploitation des êtres sentients non-humains. C’est un engagement politique et moral leur reconnaissant des droits fondamentaux comme celui de vivre, libres et de disposer d’eux-mêmes. Cette base morale soutient que leurs intérêts ne sont pas moins importants que notre plaisir.

Il s’agit ensuite d’informer autour de nous sur la considération des animaux et la lutte pour leurs droits fondamentaux. Également de porter le débat public pour informer au plus large.

Le forum que j’ai créé en 2007, BDEA, aurait pu devenir en 2017 Bienveillance, Dignité et Ethique pour les Animaux et se positionner pour l’abolition de toute forme d’exploitation des animaux. Mais cela aurait impliqué de supprimer sa base de données actuelle pour tout transformer, et l'intransigeance nécessaire contre l’oppression des animaux non-humains aurait été tellement compliquée à tenir...

Pour en savoir plus, vous pouvez également lire ceci : http://www.bdea.fr/t14196-l-evolution-du-forum-bdea-et-pourquoi-il-risque-de-fermer#210215

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